Front de Gauche : Quelle nouvelle séquence ?

Le Front de Gauche semble avoir de grandes difficultés en ce début d’été. Nombres des Assises-citoyennes-Pierre-Laurent-PCF-Pascal-Durand-EELV-Marie-Noelle-Lienemann-PS-et-Jean-Luc-Melenchon-PGthèses avancées durant la séquence électorale ne sont pas validées. Les élections municipales ont été le théâtre de profondes divisions entre les différentes organisations constituant le Front de Gauche et les résultats des européennes font clairement état d'un échec politique. Jean-Luc Mélenchon se fixait comme objectif d’être en tête de la gauche au soir des européennes, il n’en a rien été. Au Plaidoyer Républicain, nous avancions le fait que le Front de Gauche serait probablement derrière EELV avec un PS à environ 16 %.

La difficulté d’analyse de ces résultats est grande. Plusieurs hypothèses se confrontent. La première étant que la compromission avec la social-démocratie du PS et les divisions ont posé des soucis de clarté politique. C’est un fait qui semble ne pas être possible de nier. Les alliances au petit bonheur la chance n’ont certainement pas aidé à démontrer que le vote Front de Gauche était un vote d’alternative politique crédible. Mais les opposants à cette vision des choses ont également un argument de poids : le total LO + NPA (dont on ne peut soupçonner la compromission avec le PS) est le total le plus faible réalisé par les trotskistes depuis très longtemps. Aucune stratégie « globalisante » ne marche mieux qu’une autre. Balle au centre donc.

La question du rapport au Parti Socialiste doit tout de même être clairement posée au sein du Front de Gauche. On ne peut pas nier qu’une opposition s’est constituée au sein même du Parti Socialiste vis-à-vis de la politique gouvernementale. Nous constatons également que les votes des députés dits « frondeurs » sont plus que timides, car traduits massivement par l’abstention, même si cette situation est inédite. Dans tout ce tohu-bohu médiatico-politique, le Parti de Gauche (PG) semble clairement isolé dans le cadre d’une éventuelle recomposition de la Gauche. Nous n’allons pas non plus nous étendre sur les articles qui sont parus sur les tensions éventuelles et/ou avérées au sein du PG. De plus, lorsque qu’EELV, le Parti Communiste Français et le MUP sont invités aux universités du Parti Socialiste, nous constatons que le PG n’y est pas invité car il est vu comme trop « dur » vis-à-vis de la politique du duo Valls-Hollande. Dans ces conditions, le cartel d’organisations de la gauche radicale semble de plus en plus affaibli, divisé et touche à sa limite. Mais comment aurait-il pu en être autrement lorsque le Front de Gauche n’est vu, par tous – oui tous -, que comme une alliance électorale ponctuelle ?

presidentielle-2017Ne tournons pas autour du pot, la seule véritable réussite du Front de Gauche fut l’élection présidentielle, que l’on peut presque voir comme un épiphénomène. Depuis, nous stagnons à nos 6% qui, quoi qu’il arrive, voteront pour nous. Par contre, nous sommes dans l’incapacité de capter la colère populaire (ce que réussit le FN) et les déçus du Hollandisme (qui restent à la maison). La question qui se pose maintenant est la suivante : le Front de Gauche sera-t-il en capacité de présenter un candidat unique à la présidentielle de 2017 ? Rien n’est moins sur. Le jeu des socialistes est clair, il faut diviser le FDG de telle sorte qu’Hollande puisse se maintenir au second tour face à Marine le Pen ou une droite ultra-décomplexée du même tonneau.

La rentrée politique montrera donc de quel côté va pencher la balance sur la future présidentielle. Nous pouvons faire plusieurs hypothèses sur le sujet. La première serait une configuration équivalente à celle de 2012 avec un FdG uni et un candidat commun. Le score de Jean-Luc Mélenchon en 2012 semble être un argument pour que le FdG décide de le représenter comme candidat commun, mais il est n’est pas du tout acquis que les camarades communistes soient prêt à l’investir une seconde fois. Depuis les confrontations fratricides des municipales et les séquelles personnelles qui en ont découlées, il y a peu de chances que le PCF vote massivement pour la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

La seconde hypothèse serait que le FdG propose un candidat commun autre que Jean-Luc Mélenchon, tels Pierre Laurent, André Chassaigne ou Clémentine Autain par exemple. Pas sûr, loin de là, que cela convienne aux autres formations dont ne seraient pas issus ces candidats - PG notamment -, qui traineraient les pieds à faire campagne. Cela semble probable, malgré l’incertitude qu’une autre personnalité que Jean-Luc Mélenchon ne puisse réaliser un score équivalent à celui de 2012. Qu’on le veuille ou non, à l’heure actuelle, c’est le candidat commun de 2012 qui est présent médiatiquement et politiquement, ainsi que dans l’esprit des gens.

jackiePuis, nous pourrions très bien nous retrouver dans une configuration d’éclatement total du cartel de la Gauche Radicale. Par exemple avec un PCF qui imposerait son candidat et un PG qui imposerait Jean-Luc Mélenchon. Ainsi, nous aurions deux candidats présentés ce qui, à coups surs, mettrait un terme à la construction du Front de Gauche tel qu’il a été pensé depuis 2009. Dans un contexte où le Front National a fait la démonstration qu’il est en mesure d’arriver en tête d’un scrutin national, il en va de la responsabilité des dirigeants du Front de Gauche, mais aussi de tous les militants, de nous éviter les plumes et le goudron démocratiques. Gageons que le projet de transformation sociale prenne le pas sur le bal des égos, éminemment mortel à gauche, et que l’esprit de responsabilité devant l’histoire puisse guider les analyses politiques.

Arnaud Guvenatam

3 pensées sur “Front de Gauche : Quelle nouvelle séquence ?

  1. C'est quoi ce discours? On est en plein mélo, les bonnes questions ne sont pas posées. Pire, il semble même qu'elle ne soient pas souhaitées. C'est pourtant simple, après la déculottée que nous avons prise que devient le front de gauche et pour quelle politique. Je le dit tout net, si nous continuons avec le PC nous n'aurons aucune chance d'avoir un projet politique claire et répondant aux exigences de la situation, comme d'ailleurs aux attentes populaires. Si notre préoccupation première c'est le résultat électoral nous seront contraints de faire dans la démagogie. Si l'objectif c'est de créer les conditions d'un vrai changement alors nous avons du boulot il est temps de retrousser ses manches. Mais à la lecture de votre torchon je suis inquiet, d'autant qu'il nous refait le coup de la montée du FN ça les communistes nous la jouent depuis longtemps. Je suis adhérent du PG pour ceux qui se poseraient des questions.

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    1. Plaidoyer Républicain

      Auteur de l'article

      Bonjour monsieur,

      nous sommes désolés de le dire ainsi, mais la question de la candidature pour 2017 doit être posée que vous le vouliez ou non. C'est un débat qui ne dit pas son nom et nous partons du principe que nous n'allons nous auto-censurer pour ne pas dire ce que nous pensons.

      Je vous laisse à vos propos, qualifiant l'article de "torchon". L'insulte ne fait pas partie de nos méthodes de débat et de réflexions politiques.

      Bien à vous.

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