Victoire de Syriza et signal en France.

tsipras 1La victoire de Syriza le 25 janvier 2015 est porteuse d’espoirs en Europe. Au-delà du fait que le peuple grec a choisi sa voie pour sortir de l’ornière, tous les regards à gauche se portent sur eux. Cela va être l’occasion de voir si la stratégie de rapport de force au sein de l’Union européenne et de la zone Euro est un élément pertinent dans le débat. En effet, trois thèses ont été défendues depuis un certain nombre d’années. La première, majoritaire, étant la baisse des dépenses publiques et la contraction de l’économie. Face à eux, les relents nationalistes portés en général par une droite extrême prônant la sortie complète de l’union européenne et la sortie unilatérale de l’Euro. Au Plaidoyer Républicain, nous sommes partisans d’une autre solution : le rapport de force en interne des instances européennes. Et c’est précisément sur cette ligne que va travailler Syriza. L’épreuve du réel nous permettra enfin de savoir s’il est possible de faire plier une gouvernance libérale dans les instances en tapant fort du poing sur la table. Il sera de temps de vérifier si comme nous le pensons, les états endettés représentent la partie détenant le pouvoir face à des prêteurs effrayés de ne jamais être remboursés.

 Ce que nous apporte la victoire de Syriza, c’est la fin de la peur ! Cet élément est central car dans la tête des gens de bonne foi, si on ne rembourse pas, nous partons à la faillite. A la simple différence, et non des moindres, qu’un état ne peut pas faire faillite. C’est ce genre de poncifs éculés qu’on nous met dans le crâne du matin au soir. Il suffit par exemple de regarder nos prêtres sur BFMTV ou encore Itélé pour comprendre de quoi il s’agit. Ces experts, chantres de l’austérité, face auxquels il est impossible d’opposer le moindre argument pérorent avec leurs airs satisfaits et condescendants. Ayons une pensée pour tous ces experts, Marc Fiorentino, Nicolas Dose, Emmanuel Lechypre et consorts, qui ont certainement passés une nuit blanche particulièrement désagréable depuis l’annonce du réveil du peuple grec. Souvenons-nous aussi comment les Alain Minc et autres, chantres de la « mondialisation heureuse », nous ont expliqué depuis 2009 que les fonctionnaires grecs faisaient le Taxi à Athènes à 16 heures en sortant du travail pour ne pas payer d’impôts. Le mépris de classe le plus cristallin en somme.

LengletRegardez comme les commentateurs ont pour certains d’entre eux tourné casaque à l’annonce des résultats. L’exemple de François Lenglet est l’illustration parfaite de ce grand retournement sémantique quant à la politique et la gouvernance européenne. Le soir des résultats, Monsieur Lenglet sur France 2 a déclaré ceci :

« Non, les grecs n’étaient pas responsable de la dette récente. 300 milliards d’euros, c’est effectivement insupportable. Même le FMI le dit. C’est pas un organisme d’extrême-gauche. Et Syriza était le seul parti grec à le dire aussi clairement et à demander un allègement du fardeau. L’allègement est non seulement inévitable mais de bon sens parce que cette dette ne provient pas de dépenses inconsidérées, elle est la conséquence en grande partie de la politique économique imposée à la Grèce par l’Europe. Sans compter que les grecs dans l’intervalle ont fait énormément d’efforts. Leurs revenus ont baissé de 25%, les pensions ont été diminuées de 40%, et le coût des soins médicaux a bondi de 30%. ».

Voilà que François Lenglet épouse corps et bien les thèses défendus par les économistes atterrés ou les Jacques Généreux qui disent pourtant cela depuis 2009. Conséquence de quoi, nous sommes devant l’évidence : les grecs ont payé le prix fort pour rien !

tsipras 2Le signal envoyé par ce peuple qui a exporté le concept de démocratie 2000 ans avant la révolution de 1789 doit être notre phare. Quand le peuple s’exprime, il prend le pouvoir. Ni les curés du libéralisme, ni les médias, ni les experts n’ont la décision finale. Voilà comment s’est transformé le peuple : briser la chaîne de la peur et prendre une décision d’intérêt général. Quelle leçon pour la France. L’ascension de Podemos en Espagne démontrera une nouvelle fois le fait que la peur est notre seule ennemie. Et que là encore, le peuple se soulèvera pacifiquement pour dire haut et fort que ça suffit.

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Quelle que soit la configuration de la force qui arrive au pouvoir, nous observons qu’ils ont au moins un point commun. Le peuple est partie prenante du processus. Depuis une semaine, il y a eu en France un contre-feu du Monde par exemple, expliquant que les cohortes de gens se prononçant pour le Syriza n’étaient même pas d’accord avec le programme défendu. Qui peut croire à cela ? Personne bien entendu. 6 ans d’insultes à leur intelligence n’auront fait que les structurer et c’est tant mieux.

tsipras 4C’est maintenant la question de la situation française qui se pose. Que les choses soient claires, l’impact ici bas du score du Syriza aura d’énormes conséquences. Les prémices et les stigmates de la déconfiture politicienne sont là. Le Parti Socialiste, englué dans l’internationale socialiste, et dans son soutien à un PASOK s’écrasant à 4%, est dans une impasse idéologique. La ligne libérale sera balayée comme nous le disons depuis un moment déjà. Nous voyons sous nos yeux la PASOKisation du Parti Socialiste. Le travail qui nous incombe dorénavant est de remobiliser le peuple autour de thèses simples : indépendance économique, souveraineté populaire, partage des richesses et défense des valeurs républicaines. La proposition doit être claire et intelligible pour le plus grand nombre. Le louvoiement et les alliances de coin de table nous serons mortels. Même pas peur, et osons !

Le Plaidoyer Républicain

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