Contre le travail du dimanche !

travail le dimanche, pas pour nousCette question, bien que très simple en apparence, nous impose une réflexion sur le type de société que nous voulons. En effet, nous pouvons accepter le dogme selon lequel le fait économique prime sur tout, ou au contraire penser l'économie comme un moyen et non une fin en soi.

Le but de toute société est comme le précise la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen de 1793 : le bonheur commun.

Ainsi, la société a la mission de permettre à chacun de vivre heureux. Certes la société ne peut pas régler les problèmes d'humeurs de chaque citoyen. Cependant, elle doit permettre à tous d'avoir la possibilité de s'épanouir et de vivre dignement. La République doit protéger, par un ensemble de règles, l’intérêt commun de l'intérêt particulier.

La sanction est parfois essentielle pour dissuader la transgression de la loi. Certes le commun des citoyens n'enfreint pas les lois parce qu'il a un code pénal dans la poche. Il respecte la loi, parce que cela lui semble légitime et naturel. Ce n'est malheureusement pas le cas de certaines entreprises. En effet, nombre d'entreprises effectuent un calcul de profitabilité sur le respect des lois. Elles se posent une question simple : « Combien me coûte une transgression par rapport au gain escompté ? ». Si le gain est plus important, l'entreprise aura tendance à enfreindre la loi. C'est le cas pour le travail du dimanche. Si la loi sanctionne trop faiblement sa transgression, des entreprises choisiront d'ouvrir leurs portes même si elles n'en ont pas le droit. Ainsi, je réclame des sanctions exemplaires contre ces traîtres à l'intérêt général. Enfreindre la loi de manière délibérée est une atteinte profonde et dangereuse pour notre République. Ce genre de comportements doit être sanctionné fermement. En effet, il remet en cause l'état de droit, si vous avez les moyens vous pourrez enfreindre la loi. C'est tout simplement une honte !

La question du travail le dimanche touche les entreprises mais aussi leurs travailleurs. Ainsi, il convient de convaincre ces citoyens du bien fondé de l'interdiction. Deux arguments sont aujourd'hui utilisés : tout d'abord « j'ai choisi, je suis donc libre de travailler le dimanche » et deuxièmement « ça me permet de gagner l'argent dont j'ai besoin ». Deux registres sont ici utilisés, celui des droits des individus et celui de leur besoin. Il convient donc de les étudier séparément.

Selon notre définition de la liberté, je suis libre de faire ce que la loi ne m'interdit pas. De ce fait, je peux exercer pleinement ce droit inaliénable, sauf lorsque l’intérêt général peut en pâtir. Il faut rappeler que la loi est l'émanation de l’intérêt général. Vous n'avez absolument pas la liberté de travailler le dimanche si la loi l'interdit !

Concernant le deuxième argument, il est absurde tout en étant compréhensible. Absurde, parce qu'il est contraire aux intérêts de ceux qui l'utilisent. En suivant cette même logique nous devrions brûler le code du travail ! En effet, pourquoi interdire à une personne de travailler 20 heures par jour, pourquoi interdire le travail des enfants ! En effet, cela permettrait aussi de gagner l'argent nécessaire pour combler certains besoins !

Cependant cet argument est « compréhensible ». Tout simplement parce que la situation financière de nos citoyens est précaire.

Ce débat sur le travail le dimanche est le même que celui du «  travailler plus, pour gagner plus » et de la défiscalisation des heures supplémentaires ! L’État devrait laisser travailler les gens de bonne volonté, qui sont opprimés et réduits, par sa faute, à la pauvreté. Avec un tel niveau d'analyse je pourrais travailler dans tous les médias de masse. Cependant j'ai une aversion pour les idées préconçues et par extension pour les discours pro-Medef. De ce fait, je préfère analyser la situation objectivement et j'estime que les travailleurs ne souhaitent pas travailler le dimanche. Ils souhaitent, et ce en toute simplicité, vivre dignement de leur travail. Ainsi, si les salaires augmentent et que l'on permet aux étudiants (très concernés par le travail dominical) d'étudier sans travailler à coté de leurs études, l'envie de se rendre au travail sera remplacée par celle de profiter de son week-end.

Il faut limiter le travail le dimanche à ce qui est strictement nécessaire. Il serait par exemple inconcevable de ne pouvoir se faire soigner le dimanche. Il doit donc exister des dérogations à cette loi, permettant à la République de fonctionner. Cependant ces exceptions doivent être strictement subordonnées à l'intérêt général et pas à l'intérêt particulier. La République, comme je le disais en guise d'introduction, doit permettre à tous de vivre dignement et de s'épanouir. La loi instaurant le repos hebdomadaire (ici) poursuivait cette objectif. Elle reconnaissait les citoyens en tant qu'individus nécessitant chaque semaine un temps commun de ressourcement et pas uniquement comme un outil de production.

La République doit, comme je vous le disais, protéger l'intérêt général de l'intérêt particulier. De ce fait, elle doit s'opposer au travail dominical tout en permettant à ses citoyens de vivre dignement !

Yann Paczynski

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